L'histoire entre le Stade Brestois et son gardien black à la barbe soigneusement taillée, au crâne chauve, et aux envolées de chat dignes de Bernard Lama, a failli mal se terminer.
«Oui, j'ai fait des fautes»
C'était à la fin d'une saison dernière pénible pour le club et galère pour Elana. «Oui, j'ai fait des fautes, oui, ça m'a miné, reconnaît-il, mais je n'ai pas non plus senti la confiance pour que je puisse m'exprimer pleinement». Dans le viseur, Gérald Baticle.
Si l'entraîneur était resté, le gardien, lui, serait parti. Après trois saisons pleines à Brest (34, 36, et 35 matchs) et un nombre incalculable d'arrêts et quelques prestations exceptionelles, comme ce derby à Guingamp (1-1) du 18 septembre 2006 où il écoeura à lui tout seul les attaquants d'en face, il ne joua que 19 matchs la saison dernière. Il fut écarté une première fois par Janin après six journées mais «il me l'a expliquéet ça ne m'a pas déstabilisé». Puis une deuxième fois par Baticle, après une grosse bévue au pied à Lens (18e j.).
«Son discours n'a pas été clair et, là, c'est vrai que je me suis replié sur moi-même. Et même si Julien (Lachuer) a bien fait les choses pour garder son poste, je me disais : ne te prends pas la tête, quoi qu'il arrive, tu ne joueras pas». Par la suite, il ne joua d'ailleurs que les quatre derniers matchs de la saison, après l'arrivée de Dupont.
«Je me suis relevé grâce au travail, grâce à mes amis et aux appels de mes anciens entraîneurs comme Patrick Remy, que j'ai connu à Caen, et Marc Lévy, qui m'a entraîné à l'OM, et de certains gardiens, dont Stéphane Trévisan (ndlr : gardien de Guingamp), «qui m'a dit de ne pas lâcher». Finalement, «après une bonne discussion avec le président», Elana a décidé de rester «malgré les propositions de plusieurs clubs de Ligue 2, dont celle de Vannes. Elana, qui est en fin de contrat en fin de saison, est toujours là et personne ne s'en plaint. Ce serait bien le diable si le club ne lui proposait rien.