« Il faut que je sois plus méchant dans les contacts, plus agressif dans l'attaque du ballon. Mais, pour cela, je dois un peu forcer ma nature ». En deux phrases, Jérémy Pinvidic, voix basse et monocorde, a tout résumé.
Un contrat amateur
Timide, pas vraiment le genre à se la raconter ou à danser sur les tables après une victoire, le gamin de Saint-Divy devra prendre sur lui et souffler un grand coup avant d'entrer sur la pelouse. « J'aurai quand même un peu de pression. Je ne pourrai pas ne pas y penser, c'est impossible. On ne peut pas l'éviter, avoue-t-il avec lucidité, mais ça ne doit pas tout gâcher ». Revenu au club en début de saison dernière grâce à Bernard Maligorne, Pinvidic, qui n'a qu'un contrat amateur, a été incorporé dans le groupe pro par Janin cette année. « Il m'a dit dès le début : si ça ne colle pas, tu iras en CFA 2.
À moi de montrer ce que je vaux et de ne pas renouveler certaines erreurs de la saison dernière. J'étais entre la A et la B, je m'entraînais parfois avec la A le matin et la B l'après-midi. Je n'aurais pas dû, je l'ai payé par la suite ». Milieu défensif de formation, Pinvidic jouera stoppeur demain. Ce ne sera pas une première, Janin l'a déjà testé à ce poste pendant les matchs amicaux. « On m'a souvent dit que je passerai derrière un jour ou l'autre. Ça ne me dérange pas. J'ai 21 ans, je ne dois plus traîner. En 18 ans Nationaux au FC Lorient, je jouais défenseur central. La saison dernière, avec l'équipe B, j'ai aussi fait plus de la moitié des matchs derrière. C'était pareil, on manquait de défenseurs. Il fallait rendre service ». Dépanner. Pour le moment, c'est le rôle de Jérémy Pinvidic à Brest. Mais ce match pourrait lui permettre de s'approprier complètement le poste de quatrième défenseur central du club, le troisième devant bientôt arriver. Ce match peut aussi le persuader qu'il a une carte à jouer dans un secteur de jeu qui corresponde plus à son style de jeu, et notamment à sa bonne relance, qu'à un poste de milieu où la rapidité lui manque. « La saison dernière, je suis rentré deux fois au milieu mais c'était dans la période difficile de janvier. On en avait pris deux contre Le Havre et quatre à Bastia », se souvient-il. Quel dommage que ses parents, qui le suivent depuis toujours dans le foot, ne soient pas là demain pour fêter ce qui sera, à n'en pas douter, sa première titularisation. « Ils sont en vacances. Ils ne peuvent pas rentrer. Ils sont trop loin, glisse-t-il, doucement.



