Mercredi soir, le président du club angevin, Willy Bernard, a effectué spécialement un déplacement à Saint-Brévin. Pas pour goûter aux joies des bords de mer. Il venait, en effet, rassurer ses joueurs et son staff technique à la suite de la décision de la DNCG de reléguer le Sco en National, à titre conservatoire.
L'examen du budget de la saison présenté par les dirigeants angevins en fin de journée le 24 juin n'a pas été du goût de membres de la commission de contrôle. Le Sco, bien évidemment, va faire appel et un nouvel examen aura donc lieu le 3 juillet, vraisemblablement.
Comment, après les péripéties à rebondissements de l'intersaison passée, en est-on arrivé là ? Le président du club, Willy Bernard avait, début juin, esquissé les grandes lignes du problème. Le budget accusait un manque à gagner d'environ 800 000 ¤. Il avait alors évoqué deux solutions. Soit les ventes de deux joueurs, Ben Khalfallah et Moussi, soit l'ouverture du capital ou le renforcement financier du club par le biais de partenaires ou de sponsors.
C'est cette solution qui, pour l'instant, a été retenue. Et c'est cette solution qui n'a pas été acceptée la DNCG. « En fait, peste Willy Bernard, ce n'est pas un problème financier. Je m'explique. Nous avons présenté à la commission un budget presque équilibré puisqu'il était à moins 53 000 ¤. Budget que nous avons dû boucler en un laps de temps très court. Or, ces deux contrats de partenariat n'ont pas convenu à la DNCG. Nous avons renvoyé ces papiers dûment corrigés, mais il était trop tard. C'est donc un problème technique et administratif. »
Deux contrats de partenariat remis en cause
Le Sco n'a donc d'autre recours que de faire appel pour une question, selon son président, de timing. Les deux principaux contrats mis en cause sont ceux passés avec le groupe Loft (qui est déjà actionnaire du club angevin à hauteur de 32 % du capital) et avec Bradeo Dépôts, un discounter de la maison qui souhaite s'étendre dans l'Ouest où il possède déjà des magasins à Nantes, Challans, St-Brieuc ou Rennes notamment. L'apport des deux entités s'élève à 650 000 ¤.
Car, pour ce qui est de la vente de ces deux milieux de terrain, il ne faut pas se leurrer.
Le football actuel est aussi un affrontement économique. Et les clubs susceptibles d'être intéressés par des renforts angevins,qui sont toujours bien informés dans ce microcosme qu'est le monde professionnel sur les soucis des autres, ne vont pas s'empresser d'effectuer leurs emplettes, en espérant un pépin et de pouvoir se nourrir sur la bête blessée.
Ce n'est peut-être pas la loi du sport... mais c'est la loi de ce jeu sauvage. Pourtant, Willy Bernard n'en démord pas. « Je n'ai toujours pas l'intention de vendre des joueurs. À moins bien évidemment, d'une offre mirobolante. » Il ne la recevra certainement pas dans les prochains jours et avant le 3 juillet, c'est une évidence. Pour le président angevin qui a beaucoup cavalé de réunions en réunions ces derniers temps et qui a donc souqué ferme pour boucler son budget, la semaine prochaine sera donc cruciale.
Car, en cas de nouvelle condamnation, c'est la vie même du club qui serait en danger, malgré une réussite sportive indéniable. Willy Bernard, en effet, sous ses airs de golden-boy éclairé et visionnaire, n'a pas la surface financière, par exemple, des Japonais propriétaires de Grenoble qui ont gommé, d'un virement bancaire de 4 millions d'euros, l'impossibilité pour le club de l'Isère d'accéder à la Ligue 1. Et ça, c'est bien dommage... pour lui et... surtout pour le Sco.
